Indray andro hono…

Indray andro hono, ou le déclin de la civilisation Malagasy. Peut-être devrait-on l’écrire pour que l’on s’en rende compte.

Il était une fois un peuple, une langue, une philosophie de vie. Il était une fois une façon d’être aujourd’hui disparue, remplacée. Madagascar, le pays où mondialisation rime avec acculturation, où l’on efface ce que l’on a pour les remplacer par ceux des autres. Madagascar où la plupart des gens ressentent la honte lorsqu’on parle sans salir sa langue, lorsqu’on porte sans cacher les vêtements qui nous distinguent tant.

On a préféré importer, acheter, consommer en considérant les nôtres comme désuets. Valalan’amboa ka ny tompony aza tsy tia, natositosika ny ankoho taman-trano ka natakalo akanga tsara soratra. Et on ose parler de progrès alors que ce qui ont fait qui nous sommes ont régressés.

La génération actuelle est devenue la génération amnésique qui ne reconnaît plus son identité. La génération où « tafa » veut dire avoir la nationalité de ceux qui les ont colonisé. Alors que la nationalité on avait déjà la notre depuis le jour où l’on est né.

Tiako ianao ry Gasikarako, babeko ianao tsy atakaloko. Tsy ho avelako ho rava ireo soa noentinao. Ka andao ! Andeha hosalorako ny kolotsaiko, aleo avohitro amin’ny aiko ny maha izy anao.

Ny nofiko hoy ianao ? Dia ilay Madagasikara mandroso, mba ho tahafana fa tsy ho mpanahaka foana, mba hirehareha amin’izay ananany fa tsy ho mpindrana tsy ankifarany. De ho nofy ihany ve ? Aleo ny tantara no hanambara hoe « Indray andro hono… »

AleasterX.

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De loin

On reconnaît Tanà grâce au palais de la Reine qui culmine sur la ville, les sirènes des voitures ouvreuses qui font la mélodie lorsqu’on est sur la route, on reconnait par le nombre de personnes qui sont dans la rue et à la vivacité à laquelle elles marchent. Un décors de carte postal vue du ciel, avec le Lac Anosy et le statut de l’Ange qui se trouve au milieu, avec ses larges rizières, ces rivières qui se dessinent à l’intérieur de la ville.

On reconnaît Tanà par la diversité qui y se trouve, des gens venant de tous horizons qui y viennent pour travailler. On reconnaît grâce à ces grands bâtiments. On a même ici la plus haute tour de l’Océan Indien.

On la reconnaît par la forme unique du Marais Masay, avec ses petits ilots et la grande mosquée et la grande tour qui y sont à côté, par les marchés ici et là — qui se démarquent par les nombreuses ombrelles. Tanà est aussi la ville aux milles escaliers.

On sait qu’on est à la capitale lorsqu’on voit ses nombreux bus et qu’on entend de loin la voix normalisée des receveurs qui récitent les points d’arrêts. On le sait lorsqu’on remarque les petites voitures beiges qui servent de taxi.

De loin, tout ici est beau. Mais rapprochons nous un peu, zoomons, vous saurez pourquoi je dis que la vie à Tanà est un parcours du combattant.

AleasterX.

 

Tais-toi et marche !

« Tais-toi et marche ! »

Tais-toi et marche renvoie à une double allégorie, le fait de se complaire dans la normalité, de fermer les yeux, de suivre le fil. C’est comme voir un problème et pourtant garder le silence sur ce qui se passe.

Et c’est bien le cas dans notre pays. On est habitué à voir la pauvreté et la corruption ronger notre pays que c’est devenu normal, normal d’en voir partout sur tous les coins de rues. Le mendiant qui nous dit « madama », ou « mesie » qui nous suit après est devenu une partie de notre vie quotidienne, et nous considérons cela comme normal. On se tait et on marche sans se poser de questions.

Tais-toi et marche, renvoie aussi à cette autre idée, celle de montrer par l’exemple, où crier et parler de problème ne suffit plus, où agir est devenu la meilleure façon de montrer qu’une autre réalité est possible. Crier dans un monde qui se complait dans la misère ne suffit plus, alors au lieu de perdre notre temps à convaincre les autres par des débats et des discussions, taisons nous et marchons ! Mais marchons autrement !

AleasterX.